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Calendarium
Kolyma, Auschwitz, Balkans.


Jozef Szajna, Fourmillière

KOLYMA

1928 - 1929
Des terrains aurifères ont été délimités aux bords de la Kolyma et mis en exploitation par l’Etat.

Le 13.11.1931
Création de la Société de Construction des Routes et de l’Industrie dans la région de la Haute Kolyma (Dalstroj) avec siège à Magadan pour exploiter les richesses minérales, construire des routes et industrialiser une partie du pays, dénommée Pays d’Extrême- Orient.

Le 4.02.1932
Arrivée d’un bateau avec, à son bord, le premier commandant de Dalstroj, haut fonctionnaire éminent du NKWD, P.E. Bierzin avec les dix premiers prisonniers. le 01.04.1932 - ordre de créer pour les besoins de Dalstroj du complexe de camps Siewwostlag (camps de travail correctionnels du Nord-Est).

Octobre 1932
Par décision du KCWKP(b), le territoire des activités de Dalstroj a été désigné comme territoire autonome.

1932/1933
Sur 11.100 prisonniers des camps de Kolyma (chiffres de décembre 1932), 25% seulement ont survécu à l’hiver.

1933
Décision de Bierzin instituant pour les prisonniers des normes de travail, rationalisant l’exploitation et adoucissant le régime carcéral afin, entre autres, diminuer la mortalité.

Le 01.01.1934
Suite à l’arrivée de nouveaux convois des prisonniers politiques et de droit commun, le nombre des détenus de Siewwostlag atteint 30.000. Bierzin stigmatise les mauvais traitements infligés aux prisonniers, leurs mauvaises conditions de vie, les prolongations de peines sans motif et d’autres abus qui compromettaient l’exécution des plans politico-productifs de Dalstroj.

1936
Extension du terrain des activités de Dalstroj à 700.000 km carrés.

1937
Le nombre des prisonniers est passé de 36.000 en 1935 à plus de 70.000; l’extraction de l’or est passé de 14.500 en 1935 à 51.500 kg.

Mars 1937
Bierzin rapporte la grève de la faim et le complot de 200 prisonniers trotskistes, condamnés plus tard à mort et fusillés.

Juin 1937
Séance plénière du KC WKP(b): Staline critique la politique des commandants des camps de Kolyma comme ramollissante et trop douce pour les prisonniers. décembre 1937 - Bierzin et ses assistants sont renvoyés à Moscou, arrêtés, inculpés d’espionnage et fusillés en août 1938.

Le 17.01. 1938
Dénonciations par les rédacteurs du journal du partie Sowietskaja Kolyma du régime totalitaire imposé dans le camp par le nouveau commandant, K.A. Pawlow. Staline qualifie de démagogiques et de non fondées les exécutions massives de prisonniers décidées par S.N. Garanin, chef du NKWD à Siewwostlag.

Le 4.03.1938
Par décision du Conseil des Commissaires Populaires de l’URSS, Dalstroj, qui depuis sa création dépendait du Conseil du Travail et de la Défense auprès du Conseil des commissaires, est subordonné au NKWD URSS.

Décembre 1938
Osip Mandelsztam, grand poète russe, meurt à Magadan, en route pour Kolyma.

1938-1939
Au cours de cet hiver, d’après les évaluations non vérifiées des anciens prisonniers, plus de 40.000 personnes sont mortes; les pertes étaient remplacées par de nouveaux convois; le nombre de prisonniers est ainsi passé de 90.700 en janvier 1938 à 138.200 en janvier 1939.

Le 11.10.1939
Suite au dépassement de la limite de mortalité chez les prisonniers et de la non exécution des programmes d’extraction d’or et d’autres minerais, Pawlow et Garanin ont été écartés; Garanin a même été condamné à mort pour espionnage et fusillé.

1939-1940
Entre 7.600 à 10.000 (appréciations) de citoyens polonais se retrouvent à Kolyma. Ils ont été séparés de vieux prisonniers soviétiques et envoyés dans les mines lointaines dans l’Est de Dalstroj où les conditions de travail étaient particulièrement dures et dangereuses.

Le 10.03.1941
Le territoire de Dalstroj a été agrandi jusqu’à 2.266.000 km carrés (10% de la surface de l’URSS à l’époque), le nombre de prisonniers a atteint 190.000 dont 3.700 d’anciens membres des professions libérales, principalement ingénieurs, géologues et techniciens.

1942-1944
Suite à des difficultés de transport à l’insuffisance des réserves humaines et à l’envoi au front d’une partie de prisonniers, leur nombre était tombé à 84.700 en janvier 1944; le temps de travail a été prolongé au-delà de 12 heures par jour, ce qui sous un régime brutal, inchangé malgré le départ de Pawlow, a conduit à augmenter le taux de mortalité des détenus.

Octobre 1945
Un camp de prisonniers de guerre japonaises a été ouvert à Magadan et rattaché à Dalstroj; au moment de la libération en septembre 1949 il y avait encore 3.500 prisonniers.

Le 28.02.1948
Un camp spécial n° 5 soumis à un régime aggravé a été créé; subordonné à Dalstroj et installé dans sa partie centrale indépendamment du secteur productif de Dalstroj.

Le 20.09.1949
Pour une meilleure organisation et pour renforcer l’exploitation du travail des prisonniers le Ministère des Affaires Intérieures de l’URSS crée l’Administration des Camps de Travail de Dalstroj dont les directions de 26 unités carcérales qui avaient été créées avant la guerre dans 11 branches administratives de l’industrie minière et dont les commandants devaient également diriger les camps de travail qui dépendaient d’eux. La réorganisation se mettait en place lentement en raison de la résistance des anciens du NKWD.

1949-1952
L’augmentation du nombre de prisonniers de 108.700 en janvier 1949 à presque 200.000 (199.726 exactement) au 1er janvier 1952 a accompagné cette réorganisation. C’était, dans toute l’histoire de Dalstroj et de Kolyma, le nombre de prisonniers le plus élevé. Les conditions de leur vie et de leur travail, par rapport à la période de guerre, n’ont subi qu’une amélioration insignifiante. mai 1952 - fin de la réorganisation des camps de Kolyma, entreprise en 1949; Siewwostlag> a été liquidé et Dalstroj constitue aujourd’hui l’Administration Centrale des Camps - (Goulag) déclarait I.W. Mitrakow, qui en était commandant à l’époque.

Le 15.03.1953
Après la mort de Staline, mise en place d’une nouvelle direction du parti et de l’Etat.

Le 18.03.1953
Par un décret du Conseil des Ministres de l’URSS, Dalstroj est rattaché au Ministère de la Métallurgie, et ses camps au GOULAG qui dépend alors du Ministère de la Justice de l’URSS.

septembre 1953
Début de la libération massive des prisonniers et de la liquidation progressive des camps de Kolyma.

On estime que dans les camps soviétiques du Goulag plus de 20.000.000 de personnes, principalement citoyens de l’URSS, ont trouvé la mort; Kolyma-même a englouti dans les années 1932-54 plus d’un million d’existences humaines.     


Jozef Szajna, Nombres

AUSCHWITZ

Le 27.04.1940
Création sur l’ordre d’Heinrich Himmler du camp de concentration dans la caserne d’Auschwitz.

Le 04.05.1940
Le SS-Hauptsturmfuehrer Rudolf Hoess est nommé commandant du Karzentrationslager d’Auschwitz.

Le 20.05.1940
Le sous-officier SS Gerhard Palitzsch amène du camp de Sachsenhausen, 30 prisonniers allemands de droit commun qui seront les futurs fonctionnaires du camp.

Le 14.06.1940
Arrivé du premier convoi de 728 prisonniers politiques polonais.

Août 1940
Création d’une unité carcérale où se retrouvent tous les prisonniers juifs et tous les prêtres.

Le 27.09.1940
Arrive de Varsovie convoi de 1705 hommes; parmi eux de nombreux intellectuels polonais éminents ainsi que le prisonnier volontaire du camp, le lieutenant Witold Pilecki, fondateur de la première organisation clandestine à Auschwitz.

Le 22.11.1940
Première exécution des Polonais: 40 fusillés d’après une liste de la Gestapo de Katowice, en représailles d’attaques contres les policiers allemands en Haute-Silésie.

Janvier 1941
Décision de l’IG Farben de construire une usine de caoutchouc synthétique à Dwory, à côté d’Auschwitz.

Le 16.07.1941
Premier transport de quelques centaines de prisonniers de guerre soviétiques qui, en l’espace de quelques jours, ont été assassinés.

Le 29.07.1941
Un prisonnier polonais, le père Maksymilian Kolbe, se propose comme volontaire à la place d’un des prisonniers condamnés à mourir de faim dans un bunker.

Septembre 1941
Premiers essais concluants d’un assassinat collectif par le gaz - cyclone B - sur des prisonniers de guerre soviétiques et sur des prisonniers polonais malades.

Le 19.01.1942
Le nombre de prisonniers s’élève à 11.700 dont, en majeure partie, des Polonais.

Le 15.02.1942
Premier convoi des Juifs (en provenance de Bytom en Haute-Silésie) arrive au camp; ils sont assassinés dès leur arrivée, dans une chambre à gaz du camp.

Le 01.03.1942
Liquidation d’un camp indépendant de prisonniers de guerre soviétiques; le groupe de prisonniers polonais est transféré au camps de Birkenau qui était en construction.

Le 20.03.1942
Arrivée d’un convoi de 999 femmes juives venant de Slovaquie et qui ouvre la liste des convois juifs envoyés au camps de concentration d’Auschwitz, en provenance de presque tous les pays occupés d’Europe. Ces convois étaient organisés sous l’autorité d’Eichmann par un service dépendant de RSHA (Direction principale des services de sécurité de Reich). Pour la plupart, ils étaient assassinés dans les chambres à gaz dès leur arrivée au camp.

Le 30.03.1942
Premier transport de juifs en provenance de France.

Le 27.04.1942
Premier convoi de femmes polonaises, détenues politiques.

Le 30.05.1942
Le professeur Clauberg propose à Himmler de mener des expériences de stérilisation sur les détenues du camp de concentration d’Auschwitz.

Le 13.12.1942
Arrivée du premier transport de Polonaises et de Polonais déplacés de la region de Zamosc, destinée par Himmler à être colonisée par les Allemands.

Le 23.02.1943
Pour identifier les prisonniers, la direction du camp a imposé que tous soient tatoués alors que depuis 1942 c’était obligatoire uniquement pour les Juifs.

Le 26.03.1943
Début de la déportation sur ordre d’Himmler (décret RSHA du 29.01.) de tous les romanichels du Reich et de certains pays occupés. Ils sont placés dans la zone BIIe à Birkenau (Zigeunerfamilienlager), mais le 23.03. un convoi de 1.700 personnes a été dirigé vers les chambres à gaz sans même être enregistré.

Le 03.04.1943
Le service SS de construction basé au camp a terminé deux crématoires (IV et V) avec des chambres à gaz.

Le 30.05.1943
Le docteur Mengele, médecin de la SS, a pris ses fonctions au camps des Tsiganes (Zigeunerlager). Il a entrepris des expériences médicales criminelles sur les enfants tsiganes et juifs.

Le 07.08.1943
à Birkenau (Auschwitz II) qui a été agrandi, création de trois camps: camps de quarantaine, camp pour les prisonniers qui travaillaient et hôpital.

01.11. 1943
Le nombre de prisonniers (hommes et femmes) atteint 87.600 dont 17% malade et inaptes au travail.

Avril 1944
à l’approche du front de l’Est, le 09.04, arrive du camp de concentration de Lublin (Majdanek) un convoi de 2.000 prisonniers. En même temps, débutent les transports de prisonniers d’Auschwitz, encore aptes au travail, vers les camps situés dans le vieux Reich.

Le 14.04.1944
Les services de reconnaissance aérienne des alliés font les premières photos du camp de concentration d’Auschwitz et des usines IG Farben; en même temps, des informations sur le génocide des Juifs transmises par la Résistance polonaise (organisée à l’intérieur et autour des camps par des réfugiés juifs slovaques, Wetzler et Vrby, et antérieurement (juillet 1942) par l’industriel allemand anti-nazis, Schult) arrivent en même temps en Angleterre et aux USA.

Le 02.05. 1944
Arrivée de deux premiers transports de juifs hongrois, en tout 2.800 personnes, hommes et femmes, dont environ 2.700 (70%) ont été assassinées dans les chambres à gaz, directement à leur arriver.

Le 11.07. 1944
La déportation des Juifs hongrois est terminée; sur 437.400 d’entre eux, plus de 300.000 ont péri à Auschwitz.

Le 02.08. 1944
Sur plus de 20.000 détenus (hommes et femmes) du camp des tsiganes, il n’en reste plus que 4.300; 1.327 aptes au travail ont été déportés au fond de l’Allemagne, les 3.000 restants; vieillards, femmes et enfants, ont été assassinés de nuit dans les chambres à gaz.

Le 12.08. 1944
Arrivée d’un transport d’environs 5.800 civils de Varsovie, qui, après le déclenchement de l’insurrection, se sont retrouvés dans le camp de Pruszkow.

Le 17.08. 1944
Arrivée d’un transport de Juifs après la liquidation du ghetto de Lodz, dont la majorité, a été assassinée directement dans les chambres à gaz.

Le 13.09. 1944
Les alliés ont bombardé les usines de l’IG Farben à côté d’Auschwitz; environ 40 détenus ont péri sans compter les SS; par contre, les alliés n’ont pas essayé de détruire les chambres à gaz ni les crématoires de Birkenau.

Le 07.10. 1944
Les membres de Sonderkommando, qui comptait quelques centaines de personnes, se sentant menacés se révoltent; 250 prisonniers y laissent la vie, environs 200 survivants sont fusillés.

Novembre 1944
Arrêt des assassinats par le cyclone B, début des démontages des chambres à gaz et des crématoires; les derniers sauteront le 26.01. 1945.

Le 15.01.1945
Le chiffre de prisonniers d’Auschwitz atteint 66.800 dont la moitié est détenue à Monowice et aux camps annexes.

Le 18.01. 1945
Le dernier prisonnier enregistré , un allemand Marketsch, a reçu le numéro 202.499.

Du 19 au 21.01. 1945
Les dernières colonnes de quelques centaines de détenus, hommes et femmes, quittent le camp principal, celui de Birkenau et les camps annexes; ils sont dirigés en laissant des morts et des fusillés sur la route vers Wlodzislaw Slaski d’où il repartiront en train pour le camp de concentration de Mauthausen.

Le 27.01. 1945
Après les combats où sont tombés 231 soldats, les troupes soviétiques entrent à Monowice, et ensuite au camp principal et à Birkenau.; elles organisent les secours médicaux pour les malades survivants.

A Auschwitz ont péri environ 1.500.00 personnes dont à peu près 1.000.000 de juifs; 140.000 polonais, 20.000 tsiganes, 10.000 prisonniers de guerre soviétiques et entre 10.000 et 20.000 prisonniers d’autres nationalités.     

Etabli par Waclaw Dlugoborski      


Jozef Szajna, Tombe du militarisme

Conflit dans les Balkans

1989-1990
Après les démonstrations des Albanais, écrasées par la police yougoslave, le Kosovo a perdu son statut de province autonome et a été soumis à l’administration directe de Belgrade.

Juin 1991
La Croatie et la Slovénie ont proclamé une déclaration d’indépendance et ont fait sécession d’avec la République fédérative de Yougoslavie; en réponse, l’armée yougoslave a attaqué la Slovénie et s’est retirée au bout de dix jours de guerre.

Juillet 1991
Des accrochages en Croatie entre les Serbes soutenus par l’armée régulière yougoslave et les Croates se sont transformés en guerre régulière.

Février 1992
La Bosnie-Herzégovine a proclamé son indépendance; en réponse, les Serbes de Bosnie ont créé leur propre Etat; les combats ont recommencé.

Avril 1992
Les Serbes de Bosnie ont entrepris le siège de Sarajevo, capitale de la Bosnie-Herzégovine.

Mai 1992
l’OTAN a pris des sanctions contre la Serbie et le Monténégro qui sont restés dans la Fédération Yougoslave, en les accusant de provoquer la guerre en Croatie et en Bosnie.

Janvier 1993
Les médiateurs internationaux Cyrus Vance et lord David Owen ont annoncé un plan de partage de la Bosnie et de la Herzégovine en dix provinces. Ce plan était basé sur la carte ethnique actuelle. Il a été accepté par le gouvernement de la Bosnie; les Serbes de Bosnie l’ont rejeté.

Mars 1993
Sur le territoire de la Herzégovine bosniaque les combats entre les musulmans et les Croates ont commencé; les Croates bosniaques, eux aussi, ont souhaité un découpage de la Bosnie de manière à obtenir leur propre Etat.

Avril 1993
Le Conseil de sécurité de l’OTAN a déterminé six zones de sécurité pour les musulmans bosniaques: Sarajevo, Tuzla, Zepa, Gorajde, Bihac et Srebrenica.

Juillet 1993
Accord préliminaire à Genève en vue de la création sur le territoire de la Bosnie-Herzégovine de trois Etats définis sur le plan ethnique: serbe, croate et musulman, mais les pourparlers ont été rompus après la rupture de l’armistice par les serbes bosniaques.

Février 1994
Plus de soixante personnes ont été tuées et environ deux cents blessées lorsqu’un projectile de mortier est tombé sur un marché au centre de Sarajevo; quelques jours plus tard, l’OTAN a sommé les Serbes bosniaques de retirer leur artillerie lourde des collines entourant Sarajevo; au cas où les conditions de cet ultimatum ne seraient pas respectées, les serbes étaient menacés d’attaques aériennes.

Mars 1994
Le gouvernement bosniaque et les représentants des Croates bosniaques ont accepté un accord de paix, négocié par les Américains et qui mettait fin à la guerre entre les musulmans et les Croates.

Mai 1994
Un autre plan de paix international a été proclamé qui prévoyait le partage de la Bosnie-Herzégovine; le gouvernement de la Bosnie l’a accepté mais les Serbes l’ont rejeté.

Mai 1995
Suite à l’ultimatum de l’OTAN concernant le retrait de l’artillerie lourde des environs de Sarajevo et que les Serbes bosniaques n’avaient pas respecté, les avions de l’Alliance Atlantique ont attaqué les positions militaires serbes sur le territoire de la Bosnie; les Serbes ont, de leur côté, bombardé la zone de sécurité, à Tuzla; les attaques des mortiers ont tué soixante-dix personnes.

Juin 1995
Les Serbes bosniaques ont attaqué et ont pris Srebrenica déclarée par l’ONU zone de sécurité.

Juillet 1995
Les serbes bosniaques ont attaqué et pris encore une zone de sécurité de l’ONU - Zepa - que des milliers d’habitants ont dû quitter dans la panique.

Août 1995
L’armée croate a mené une contre-offensive éclaire et a pris Kraïna et une partie de la Slovénie restée, jusqu’ici, entre les mains des Serbes; des milliers de Serbes ont fuit en Serbie devant les Croates; la diplomatie américaine a repris les travaux d’élaboration du nouveau plan de paix pour la Bosnie et la Herzégovine; les avions de l’OTAN ont attaqué les positions militaires sur le territoire de la Bosnie.

Septembre 1995
Les négociateurs ont proposé un partage de la Bosnie-Herzégovine; les armées musulmane et croate ont mené une contre-offensive et repris aux Serbes une partie des territoires du Nord et de l’Ouest de la Bosnie; l’OTAN a suspendu les bombardements aériens après le retrait par les Serbes de leur artillerie lourde des environs de Sarajevo.

Novembre 1995
à l’issus des pourparlers de paix (les présidents de la Croatie, de la Serbie et de la Bosnie y ont participé) sur la base américaine de Dayton (Etat de l’Ohio aux Etats-Unis) un accord a été conclu qui créait une fédération croato-musulmane et une république serbe en Bosnie et en Herzégovine, et qui prévoyait également le rattachement à la Croatie d’une partie de la Slovénie restée entre les mains des Serbes. Le Tribunal International a inculpé les chefs des serbes bosniaques, Radovan Karadjic et le général Ratko Mladic, pour les crimes de génocide.

Automne 1997
Dans la capitale du Kosovo, Pristina, les étudiants albanais ont manifesté pour réclamer le rétablissement de l’enseignement albanais; la police serbe a dispersé brutalement les manifestants. La notion de résistance pacifique et l’action en vue d’une société clandestine indépendante, lancée par l’actuel chef spirituel des albanais, Ibrahime Rugova, a perdu de sa popularité, et l’UCK (Armée de la Libération du Kosovo) animée par les slogans nationalistes a vu augmenté son emprise.

1998
l’UCK a entrepris des actions militaires dirigées contre les Serbes habitant le Kosovo et est parvenue à la création dans la région de Drenica, d’un territoire dit libéré, contrôlé par les partisans de l’UCK. L’armée et la police yougoslaves ont entrepris une contre-offensive contre les maquisards, brûlant les maisons, bombardant les villages. Des attaques ont eu lieu à la frontière entre l’Albanie et la Serbie. L’UCK a proclamé la mobilisation générale et l’état de guerre, des milliers de réfugiés se sont enfouis dans la forêt.

Le 24 mars 1999
Après l’échec des négociations entre les Serbes et les chefs des Albanais du Kosovo et organisées par les hommes politiques de l’Union Européenne au château de Rambouillet en France, les avions de l’OTAN ont commencé à bombarder des positions stratégiques en Yougoslavie; la Russie s’est retirée des négociations de l’OTAN. L’ONU a reconnu que l’intervention de l’OTAN était justifiée.

Le 3 juin 1999
La Yougoslavie a accepté le plan de paix présenté par la communauté internationale et qui prévoyait: le stationnement au Kosovo des forces internationales de sécurité sous le patronage de l’OTAN, la fin des violences et le retrait de l’armée yougoslave ainsi que le désarmement de l’UCK. Elle garantissait également aux exilés un retour en sécurité dans leurs maisons, installait une administration provisoire conforme aux résolutions de l’OTAN et de l’autonomie du Kosovo en préservant l’intégralité territoriale de la Yougoslavie.

Le 10 juin 1999
L’armée yougoslave a entamé son retrait du Kosovo et l’OTAN a suspendu ses attaques. La première guerre engagée en Europe pour la défense des droits de l’homme était terminée.

Le conflit dans les Balkans a fait plus de 200.000 victimes. Quelques milliers de femmes ont été brutalement violées et leurs maris et fils battus et torturés. Un demi-siècle après la IIe guerre mondiale en Europe, des camps de concentration ont vu le jour dans l’ex-Yougoslavie. Suite aux purges ethniques, plus de deux millions de personnes ont perdu leurs maisons et se sont trouvées exilées.    

La dernière guerre au Kosovo et en Yougoslavie a chassé de leurs maisons environ 800.000 Albanais et plus de 160.000 Serbes du Kosovo. Selon différentes sources, la guerre a tué entre 500 et 2.000 civils.    

Chronologie établie par Jan PIEKLO        





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