dr Piotr Setkiewicz
•VENIR EN AIDE AUX PRISONNIERS
dr Henryk Swiebocki
•UN ENFANT DE 6 ANS DANS LA RESISTANCE
Bronislaw Jacek Stupka
Le livre de mémoire des habitants de la région d´Oswiecim qui apportaient leur aide aux prisonniers du camp.
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(...) La mort, la cruauté, la violence, l´humiliation extrême dominaient pendant toute l´existence du camp. Mais le mal n´a pas obtenu l´exclusivité. A l´intérieur du camp d´Auschwitz est née une force qui essayait de s´opposer au mal, la résistance (...) La résistance a l´intérieur du camp avait deux objectifs principaux - la lutte pour la survie biologique et la protection de la dignité humaine, mais aussi la documentation des crimes nazis.(...)
Cet effort de la communauté des prisonniers, cette lutte contre le système criminel des SS a été largement aidé par les habitants de la région du camp d´Auschwitz. (...) Un phénomène absolument exceptionnel était la participation des familles entières, d´un nombre important des femmes. Plusieurs fois on a utilisé des enfants. (...)
Le fragment ci-dessus - écrit par monsieur Henryk Swiebocki - provient du livre qu´il avait publié, consacré à tous ceux qui avec un engagement incroyable avaient risqué leur vie pour venir en aide aux prisonniers. Le livre contient une liste de 1216 noms, avec une riche documentation factuelle et des illustrations (en particulier en provenance des collections du Musée National d´Auschwitz-Birkenau). Le livre contient également plusieurs témoignages dont les fragments sont présentés ici.
Témoignage d´une habitante de Przecieszyn, Mme Wladyslawa Kozusznik, qui avait participé à l´action de l´aide aux prisonniers
"[...] J´ai rencontré les premiers prisonniers juste après la création du camp d´Auschwitz, en 1940. Mais nous avons commencé à les aider seulement en 1941. [...] À l´intérieur du camp il y avait alors une grande famine, donc nous apportions aux prisonniers de la nourriture, en la laissant dans des endroits choisis [...] Au même moment, en 1941, nous avons commencé à écrire des lettres aux prisonniers et à récupérer leurs lettres, que nous transmettions à leurs proches [...]"
Extrait de la lettre d´un citoyen tchèque, Monsieur Bohuslav Fikr, ancien prisonnier no. 63292
"[...] Dès le premier jour j´ai ressenti l´aide des habitants des environs. Les copains m´avaient apporté "de l´extérieur" de l´oignon, un médicament contre la diarrhée, du lait concentré. Tous les Polonais essayaient de m´apporter du réconfort. Quand je travaillais dans le bureau et ils m´apportaient "de l´extérieur" la nourriture et les médicaments, je savais qu´ils risquaient leurs vies pour en trouver. [...] Les risques de chaque action étaient énormes, comparables à la lutte sur la ligne de front.[...]"
Extrait de la lettre d´une Juive polonaise, Merka Szewach (actuellement Miriam Jahaw), ancienne prisonnière no. A15855
"[...] Je suis arrivée à Auschwitz du ghetto de Bialystok. Nous devions être transportés à Treblinka, mais à cause d´un soulèvement des prisonniers de ce camp nous n´y sommes pas arrivés. On est partis pour Majdanek et ensuite pour Blizyn près de Skarzysko. Après deux ans de souffrance et d´errance je suis arrivée à Auschwitz. [...] Dans le camp nous étions 4 amies, comme des soeurs: Lubka, Jetka, Liska et moi Merka, dans cette réalité terrible, privées de toute dignité, sans nos proches. Nous essayions de partager tout ce que nous avions, mais avant tout de nous réconforter réciproquement.
Janek [un électricien qui travaillait dans le camp] était très touché par notre misère. Il nous apportait de la nourriture, des cigarettes qu´on pouvait échanger contre du pain, des vêtements et même des semelles - il risquait sa vie pour cela. [...]"
Le récit d´un Juif allemand, monsieur Kurt Julius Goldstein, ancien prisonnier no. 58866
"[...] Une nuit j´avais parlé avec un jeune ouvrier polonais, un étudiant qui avait été forcé par les nazis à travailler dans la mine. Il connaissait un peu l´allemand et l´anglais, donc nous pouvions nous comprendre. Partout à l´intérieur de la mine [Jawiszowice], les nazis avaient fait peindre des inscriptions: "Rader müssen rollen für den Sieg". Bientôt nous avons trouvé un langage commun. À partir de ce moment, chaque nuit il partageait sa tranche de pain avec moi. [...] À l´intérieur du camp il existait une équipe qui travaillait sur les travaux divers, la construction des routes etc. Le chef de cette équipe me disait que chaque matin ils trouvaient sous le chariot des pommes, des poires, des pommes de terre ou des tranches de pain, dont le nombre équivalait au nombre des personnes travaillant la veille. Quelqu´un de l´extérieur devait compter les personnes et leur prèparait ces "cadeaux" pendant la nuit. [...]"
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"[...] Je ne sais pas combien de jours avait duré notre voyage vers Auschwitz...[...] Ensuite j´étais emprisonné à Birkenau pendant environ 6 semaines. Les nazis ont choisi quelque 150 prisonniers, en grande partie des jeunes. Je faisais partie de ce groupe. Nous habitions dans le camp de Jawiszowice et nous travaillions dans la mine de Brzeszcze. [...] Le travail était dur et sale. Les femmes qui travaillaient dans la mine profitaient toujours du manque d´attention des SS pour nous donner quelque chose à manger. Une de ces femmes nous attendait presque chaque jour et à chaque fois me donnait quelque chose a manger. Je n´ai jamais connu son nom, je ne savais rien sur elle, car elle ne parlait pas hongrois et moi, je ne parlais pas polonais. Je pensais qu´elle devait être une prisonnière qui travaillait dans la cantine de la mine et grâce à cela, elle pouvait nous aider. [...]"
Le récit d´une habitante de Bielany, Mme Zofia Gabryœ (nom du mari Domasik), soldat de la région Oswiecim de l´Armée Nationale Polonaise (AK)
"[...] Je récupérais les fuyards du camp, comme m´indiquait Jan Wawrzyczko. Je devais les attendre dans les buissons, près du pont de Leki-Zasole. En tant que mot de passe je devais chanter la mélodie Le puits profond. [...]"
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"[...] Au mois de janvier 1945 nous avons remarqué que les Allemands devenaient nerveux et qu´ils préparaient la fuite. Aux environs du 20 janvier une colonne des prisonniers en provenance du camp d´Auschwitz a traversé le village de Brzeszcz. [...] Rapidement nous avons appris que dans le camp on avait laissé des enfants, sans nourriture ni chauffage. Nous n´avions pas d´enfant, donc avec mon mari nous avons décidé d´en adopter un. [...] Nous avons traversé le petit bois, où étaient déposés les restes du bois utilisé pour bruler des cadavres. Nous sommes passés à côté des fours crématoires, et ensuite par des ouvertures dans la cloison nous sommes entrés à l´intérieur du camp. [...] Je voulais adopter une fille, mais à cause de l´arrivée d´une patrouille des SS et convaincus par des prisonnières, nous avons pris un garçon. Les prisonnières m´avaient dit qu´il s´appelait "Kola". Personne ne pouvait me dire, d´où venait cet enfant, quel âge avait-il et quel était son nom de famille. [...] Ses jambes étaient gelés, son corps presque transparent, le ventre tuméfié. Ses yeux étaient très rouges et pas clairs. Sur la tête il avait de nombreuses blessures. J´ai pris ma décision, je l´ai entouré de mon foulard et je l´ai porté hors du camp."


















