Chers amis!
Nous habitons dans une ville qui s´appelle Oswiecim - un lieu d´une histoire difficile, connu sous le nom d´Auschwitz. Nous avons participé aux rencontres organisées par le Centre du Dialogue et de la Prière, pendant lesquelles nous avons étudié des sujets concernant le camp et nous avons écouté les témoignages des détenus. Nous leur sommes reconnaissants pour ces rencontres. Nous l´avons exprimé avec nos amis allemands et autrichiens, en écrivant des lettres aux anciens prisonniers à l´occasion du soixantième anniversaire de la libération du camp d´Auschwitz-Birkenau.
Nous avons reçu plusieurs belles réponses et nous voudrions vous en présenter des fragments. Écoutez ces histoires qui parlent de la souffrance, de la mort et du malheur, mais également de l´espoir et de la foi de ceux qui devaient affronter l´enfer du camp. Pensons à ceux qui ne peuvent plus parler... Que ces mots deviennent un témoignage et nous facilitent la construction d´une "civilisation de l´amour"...
Quelques mots sur l´histoire du camp :
Auschwitz est devenu pour le monde entier le symbole de la terreur, du génocide et de la Shoah. Le camp a été construit en 1940 dans la ville occupée d´Oswiecim, dont le nom est devenu Auschwitz. Les premiers prisonniers du camp étaient des Polonais, ensuite des prisonniers de guerre russes, des Tziganes et des habitants d´autres pays. À partir de l´année 1942 le camp est devenu le lieu de la plus grande entreprise de mort dans l´histoire de l´humanité, qui visait les Juifs européens, dans le cadre de la "solution finale" imaginée par Hitler. Le nombre des victimes d´Auschwitz est estimé entre 1,1 et 1,5 millions de personnes. La plupart d´entre eux, en premier lieu des Juifs déportés à partir de 1942, sont morts dans les chambres à gaz de Brzezinka. Je vous demande une minute de silence...
Laissons parler ceux qui avaient survécu...
Première illustration - Sur la souffrance et la famine
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"Sur le quai d´Auschwitz la sélection est effectuée. Une mère ne veut pas rendre son enfant. Le même jour elle est morte avec son enfant, brulée dans le four crématoire (...) 21 janvier 1944 - mon père est mort dans la chambre à gaz, il est brulé dans le four crématoire. Il est difficile de décrire les conditions de la mort des prisonniers, sur les routes, sans nourriture ou boisson, frappés et torturés, fusillés, enterrés dans des fosses communes (...) Il mourraient dans des chambres à gaz, fusillés ou battus à mort, seulement parce qu´ils étaient Juifs. Le "médecin" Josef Mengele, qui dirigait la sélection, décidait par un mouvement de son doigt qui pouvait continuer à vivre et qui devait mourir."
Deuxième illustration - Sur l´espoir
"Je n´ai jamais perdu l´espoir"
"Je me rappelle leur amour réciproque, la volonté de s´aggriper à chaque lueur d´espoir, même la plus faible, la volonté de conserver leur humanité même dans cet enfer sur la Terre, la volonté de sauver ses proches."
Troisième illustration - Sur la foi
"Je me rappelle leur foi en un monde meilleur, leur amour de la vie - et le message qu´ils nous transmettaient par leurs yeux au moment de la mort - le message qui disait souvenez-vous de nous, nous vivions sur cette Terre, nous aurions tellement voulu encore exister, ne pas quitter ce monde."
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"Dans le camp j´ai perdu le contact avec Dieu."
"Ceux qui croient en Dieu ne sont jamais fâchés contre Lui."
Quatrième illustration IV - Les conclusions
"Dans la profondeur de nos coeurs torturés naît un cri étouffé depuis longtemps. Ne jamais permettre qu´un tel scénario fou puisse se reproduire en aucun lieu du monde et envers quiconque. Le seul obstacle efficace sera de transmettre aux jeunes générations la mémoire de nos expériences tragiques, avec un appel qui vient de tout notre coeur: qu´ils fassent tout ce qui est possible pour éliminer de l´esprit humain le virus de l´intolérance et de la haine."
"Auschwitz est devenu le symbole de l´Holocauste et le monde ne peut pas l´oublier. Nous devons le dire à haute voix, nous devons le dire aux jeunes, pour lesquels le camp d´Auschwitz ne représente qu´un musée. Nous devons dire aux jeunes que les hommes ont vraiment fait cela aux autres hommes."
Cinquième illustration - L´appel aux jeunes
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"Rayer ces faits de la mémoire commune est tout simplement dangereux. Il n´y a pas d´avenir sans le passé."
"En ce moment, à l´orée du troisième millenaire, quand la vieille Europe se réunit, quand les frontières se sont ouvertes, quand grâce aux nouvelles technologies de communication les distances se sont raccourcies, je voudrais dire aux jeunes: rencontrez-vous pour mieux vous connaître, parlez-vous pour mieux vous comprendre, apprenez à respecter les autres, même si leur aspect et leurs pensées sont différents des vôtres. Grâce à cela, vous ne devrez pas vivre le drame de notre génération."
"Ne laissez pas la haine s´infiltrer dans vos jeunes coeurs. Aimez les gens indépendemment de la couleur de leur peau, leur race, religion ou opinions politiques."
Nous, les jeunes, desquels bientôt dépendra la destinée du monde et - comme a dit Jean-Paul II - desquels dépendra en grande partie l´avenir de notre monde, promettons à tous ceux qui souffraient et qui sont morts dans les camps de concentration, que nous nous souviendrons de leur histoire, que nous la transmettrons aux générations suivantes, que nous essaierons d´en tirer des conclusions et de ne pas commettre les mêmes erreurs, qui avaient conduit à des tragédies horribles. Seulement à cette condition le monde deviendra un lieu de Joie, d´Amour, de Justice, de la Paix et de Foi.
Les jeunes habitants d´Oswiecim
Le projet a été élaboré par le Centre du Dialogue et de la Prière à Oswiecim. Sur le Web vous pourrez trouver d´autres textes, notamment la correspondance entre les jeunes et les Témoins du temps.
Cologne 2005



















